Des déplacements par la route prédominants, mais un rééquilibrage progressif qui s’opère

Déplacements de personnes

Déplacements de personnes en lien avec le Grand Amiénois

Une desserte routière étoffée et récente

Situé à l’écart des grands axes routiers jusqu’en 1994, le Grand Amiénois bénéficie aujourd’hui d’une desserte autoroutière étoffée, à la croisée de l’A 16 et de l’A 29, qui constitue potentiellement un atout pour le développement touristique et économique. La réalisation de l’A 24, sur laquelle le gouvernement statuera prochainement, et l’achèvement de l’A 16 entre l’Isle-Adam et la Francilienne en région parisienne finaliseraient ce réseau en permettant des relations optimales par la route avec Paris et Lille.

Un accès en transports collectifs à l’international peu aisé mais en voie d’amélioration

Par contre, la capitale régionale ne dispose pas d’un accès direct en transports collectifs aux portes d’entrées sur les relations nationales et internationales évitant Paris : gare TGV Haute Picardie, aéroports de Beauvais et de Roissy. Cette situation devrait se résorber progressivement avec l’amélioration du service sur la ligne d’autocars Amiens-Beauvais, la création d’un barreau ferroviaire permettant aux TGV et TER de relier Amiens à Roissy à l’horizon 2015 et, à plus long terme, la création d’une nouvelle LGV entre la région parisienne et Calais, qui permettrait de joindre Paris à Londres via Amiens en 2 heures.

Des progrès en perspective sur les relations transversales en train

Les relations interrégionales et régionales en train sont surtout axées sur les axes Paris-Calais et Amiens-Lille, au détriment des relations transversales. Là encore, des améliorations sont en cours et à venir puisque la région Picardie investit dans la modernisation du matériel et des axes rayonnant autour d’Amiens, permettant de réduire les temps de parcours, d’augmenter les fréquences et d’améliorer le confort de l’attente et du transport pour les voyageurs. Elles pourraient contribuer à élargir l’influence de l’aire urbaine d’Amiens, plutôt faible en 1999 et limitée aux aires urbaines picardes. Des solutions sont également recherchées pour résoudre l’engorgement en entrée et sortie de la gare du Nord à Paris, qui est aujourd’hui un frein au développement du trafic TER avec Paris.

Déplacements de personnes au sein du Grand Amiénois

Des déplacements de plus en plus longs réalisés majoritairement en voiture

Les logements, les emplois, les équipements et services sont des générateurs de déplacements qui sont inégalement répartis sur le territoire. Par conséquent, les déplacements domicile-travail (mais pas seulement) sont fortement polarisés vers Amiens Métropole, et de plus en plus car l’augmentation des emplois se concentre dans Amiens Métropole, alors que les actifs sont de plus en plus nombreux à résider ailleurs. Cette tendance semble se poursuivre et a pour résultat une augmentation du nombre et de la longueur des déplacements. Ces déplacements se font majoritairement en voiture. Ils sont favorisés par la réalisation récente des autoroutes qui rendent plus acceptable l’allongement des distances, ainsi que par l’augmentation de l’offre de stationnement, ce qui engendre une augmentation du trafic aux portes de l’agglomération amiénoise. Si l’usage de la voiture est prédominant, tous n’y ont pas accès. Comparée aux autres aires urbaines du Bassin parisien, celle d’Amiens est celle où la part de ménages sans voiture est la plus élevée.

Une offre de transports collectifs peu adaptée à l’élargissement de l’aire urbaine

Pour des déplacements qui ne peuvent être effectués en voiture, à pied ou en deux-roues, se déplacer en transport en commun est beaucoup plus compliqué qu’en voiture lorsqu’il est nécessaire d’utiliser plusieurs réseaux : en effet, les différentes autorités organisatrices de transport appliquent chacune des tarifs différents, avec leur propre système de billettique, éditent le plan de leur réseau, communiquent via leur propre site Internet... L’offre en TER sur l’étoile ferroviaire d’Amiens présente un fort potentiel de développement, tant par l’augmentation des fréquences que par la création de nouvelles gares. Le réseau d’autocars du conseil général est peu lisible pour les utilisateurs occasionnels compte-tenu de la diversité des itinéraires possibles pour une même ligne et du déficit de signalisation des arrêts. Les horaires des lignes et la tarification sont peu adaptés à une clientèle d’actifs. Le réseau de transports urbains est principalement utilisé par une clientèle captive (scolaires, étudiants, chômeurs, personnes âgées…) et peu attractif pour les actifs et utilisateurs occasionnels. L’extension de la piétonisation et du stationnement résidentiel dans les quartiers périphériques de l’hypercentre d’Amiens, la disparition progressive des places de stationnement de surface en hypercentre posent la question de l’accessibilité du centre-ville, notamment pour les actifs et clients qui résident en dehors d’Amiens Métropole. La création de parcs relais ne peut être la seule réponse.

Une inégalité dans l’accès aux transports collectifs

La superposition des différentes offres en transports collectifs dans le Grand Amiénois montre une inégalité dans l’accès aux transports selon les territoires : le Sud-ouest amiénois est peu desservi alors qu’il ne bénéficie pas d’une large gamme de services et d’équipements ; Doullens, troisième pôle d’emploi du pays après Albert, est desservie par la ligne d’autocar la plus performante du pays mais cependant moins attractive qu’une desserte TER, alors que le Doullennais est un des secteurs où les ménages sont les moins équipés en voiture particulière et où le taux de chômage est le plus élevé. Dans les secteurs ruraux, la faible densité et la diffusion de l’urbanisation sont un obstacle à l’optimisation de l’offre de transports collectifs.

Déplacements de marchandises

Vers un renforcement des flux de marchandises transitant par le Grand Amiénois

Le Grand Amiénois se situe à l’écart des grands axes de fret européens mais des évolutions sont à venir avec :

  • le contournement fret de l’Île-de-France Le Havre - Metz par Amiens lié à la montée en puissance de Port 2000 au Havre pour le trafic de conteneurs ;
  • l’augmentation du trafic de trains de fret entre Calais, Abbeville, Amiens et le Grand Est ou l’Île-de-France ;
  • l’autoroute ferroviaire Espagne - Benelux via Longueau (aménagements nécessaires pour la première phase Espagne - sud de l’Île-de-France programmés aux CPER 2007-2013) ;
  • la réalisation du canal Seine - Nord Europe et des plateformes logistiques multimodales associées (mise en service prévue à l’horizon 2013) ;
  • l’éventuelle réalisation de l’autoroute A 24, qui offrirait un itinéraire alternatif à l’A1.
Autant de projets qui pourraient offrir de nouvelles perspectives de développement, à condition d’en saisir l’opportunité.

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