Une activité omniprésente qui évolue

L’agriculture du Grand Amiénois a connu des évolutions très rapides au cours des trente dernières années. Elle est passée d’une activité très majoritairement familiale, sociologiquement très présente dans les communes, à une activité de plus en plus professionnelle, spécialisée et dont les acteurs sont devenus très minoritaires dans la société.

L’activité agricole s’appuie aujourd’hui sur des structures de plus en plus grandes et tend ainsi à l’industrialisation. Parallèlement, elle emploie de moins en moins de main-d’œuvre et contribue ainsi de moins en moins à l’emploi du pays, même si de nombreux emplois industriels, tertiaires ou commerciaux sont directement liés à ce secteur d’activité.

Au-delà de ces aspects, l’agriculture reste un élément majeur de l’identité du Grand Amiénois. En matière d’occupation de l’espace en effet, elle reste extrêmement présente, occupant encore aujourd’hui près de 80 % de la surface du pays. Cette omniprésence, combinée aux évolutions structurelles évoquées plus haut et à l’évolution des productions pratiquées, a amené une pression forte sur l’environnement du pays. Les conséquences environnementales de la raréfaction des prairies et la pollution des nappes phréatiques en sont les illustrations les plus marquantes.

Ainsi, la contribution de l’agriculture à la préservation de l’environnement du Grand Amiénois apparaît comme le principal enjeu lié à cette activité. Cette contribution passe bien entendu par la poursuite du développement de pratiques agricoles moins nocives pour l’environnement physique et biologique, mais aussi par le maintien de l’élevage bovin, encore bien présent dans le pays mais fragilisé.

Toutefois l’agriculture du Grand Amiénois reste avant tout un secteur de grandes cultures (céréales, colza, pommes de terre, betteraves sucrières notamment) et contribue à faire de la Picardie un des "greniers à grains" de la France (la production régionale de blé et d’orge représente 1/5 de la consommation française).

L’importance de ces productions de masse devrait se maintenir dans la décennie à venir, en raison des besoins de denrées alimentaires liés au développement démographique mondial, mais également du développement des utilisations non alimentaires de ces productions agricoles, pour lesquelles la Picardie est une des régions phares, comme l’a montré la labellisation du pôle de compétitivité nommé « Industries et agro-ressources ».

L’évolution des productions et plus généralement des activités agricoles fait l’objet d’un projet de développement nommé « En avant Somme », impulsé par la Chambre départementale d’agriculture. La stratégie choisie vise à la fois à conforter l’excellence et la rentabilité des principales productions (grandes cultures, lait notamment) et à développer de nouvelles activités s’appuyant sur les spécificités des territoires (accueil touristique, nouvelles cultures, production d’énergie, valorisation de déchets, etc.), dans le cadre notamment des pays. Dans le Grand Amiénois, trois secteurs géographiques ont pour cela été distingués :
-    le Plateau picard nord, qui correspond aux territoires situés au nord de la vallée de la Somme ;
-    le Plateau picard sud, au sud de la vallée ;
-    la périphérie amiénoise.

De nombreux projets émergent des associations d’agriculteurs créées sur ces territoires : production d’énergie à partir de bois ou de colza, création d’un atelier de découpe de viandes locales ou encore développement de l’accueil de groupes d’enfants.